Quand l'analyste politique joue au psychanalyste, ça ressemble souvent à de la psychologie de comptoir.
Alors que les médias s'empressent de dresser le bilan de l'action de Barack Obama un an après son élection (mais neuf mois après sa prise de fonction...), deux analystes, l'un Français, l'autre Américain entendent expliquer la politique de Barack Obama à travers son profil psychologique.
Scott Wilson, correspondant à la Maison blanche du Washington Post, mise tout sur l'expérience professionnelle d'Obama en tant que travailleur social pour expliquer sa déconcertante politique étrangère, moins frontale que celle de ses prédécesseurs (y compris démocrates). Une espèce de diplomatie discrète plus fondée sur la médiation que sur la coercition à travers ce que Wilson appelle "l'intérêt mutuel".
Pour Antoine Debouzy, qui a publié sa tribune dans Libération le 12 novembre, la politique obamienne est vouée à l'inefficacité et à l'échec du fait 1°) de la méconnaissance par le POTUS des attentes et des modes de pensée de ses partenaires ou adversaires. L'ancien diplomate revient ensuite sur la composition de l'administration Obama et des limites d'un organigramme où se cotoient trop de fortes personnalités, parfois rivales.
Tout cela serait relativement objectif s'il ne poursuivait sa tribune par le paragraphe suivant.
"Sur un plan plus personnel, M. Obama, cérébral et peu démonstratif, paraît parfois penser que les dirigeants européens cherchent à l’instrumentaliser au service de leurs objectifs de politique intérieure ou de reconnaissance internationale. Il a une conscience aiguë de la supériorité américaine et donc de la sienne propre par rapport à ses homologues et l’exprime par une sorte de mise à distance inusuelle chez les hommes politiques américains et qui rend compliquées les relations personnelles avec lui, comme plus d’un chef d’Etat ou de gouvernement européen peut en attester. "
Au final ces deux analyses se contredisent et là où l'Américain voit la tentative de renverser la vapeur pour rendre l'Amérique moins arrogante dans le regard de ses partenaires européens, le Français craint une incompréhension qui ferait regretter l'ère Bush.

















































